Galerie de France

Artiste anglais né à Dublin en 1936, Patrick Procktor reste un total inconnu en France.
Nous avons tant aimé la bohème glamour du « Swinging London » des années 60 et ses têtes d’affiches, David Hockney, Gilbert & Georges, Richard Hamilton, Francis Bacon, tous amis de Procktor, à la fois peintres et modèles de leur amours et des célébrités de l’époque, Mike Jagger, Jimi Hendrix, la princesse Margaret, … Pourquoi avons-nous laissé passer dans les mailles du filet cet artiste superbe, dandy voyageur qui, en un clin d’œil, d’un seul trait de pinceau, capte la beauté d’une ambiance, la tonalité diaphane d’un paysage, le décalé d’un geste ou d’une physionomie. Les aquarelles de l’exposition, qui proviennent toutes de collections vénitiennes, reflètent magnifiquement cet univers.
Sous une apparente docilité aux genres du portrait, de la nature morte, du paysage, il casse toutes les conventions qu’il est sensé servir. La distorsion des formes, l’audace des couleurs acides et pâles, portent un coup fatal à l’étiquette réaliste.
Cette esthétique de la légèreté, d’un certain détachement romantique, est aujourd’hui idolâtrée dans les œuvres d’Elisabeth Peyton ou celles de Peter Doig que l’on aime à qualifier d’anti-modernes. Dans le cas de Procktor, elle prend ses racines chez Parmigiano (l’allongement des figures), chez Tiepolo (les ciels et les nuages), Whistler, Turner (l’humidité de la lumière) et Manet (le décadrage).
En 1999, une grande partie de son œuvre a péri dans l’incendie de sa maison de Manchester Street, ainsi que tous les tableaux de ses amis artistes et, dit-on, une merveilleuse peinture de Constable. Il disparaît en 2003.

An English artist born in Dublin in 1936, Patrick Procktor is still totally unknown in France.
We were so fond of the glamourous Bohemia of the 60s’ Swinging London and its stars, David Hockney, Gilbert & Georges, Richard Hamilton, Francis Bacon, all friends of Procktor, together painters and models of their lovers and the celebrities of the day, Mike Jagger, Jimi Hendrix, Princess Margaret… Why did we miss this superb artist, this dandy traveller who in a flash, with a single brushstroke seized the beauty of an atmosphere, the diaphanous tonality of a landscape, the out-of-sync gesture or physiognomy. The watercolours in the show, that all come from Venetian collections, admirably reflect this world.
Apparently compliant with the genres of the portrait, the still life, the landscape, he broke all the conventions he supposedly served. The distortion of forms, the boldness of the pale, acid colours dealt a fatal blow to the etiquette of Realism.
Today this aesthetics of lightness, of a kind of romantic distance, is idolised in the works of Elisabeth Peyton or Peter Doig that we like to define anti-modern. In Procktor’s case, it is rooted in Parmigiano (elongated figures), Tiepolo (skies and clouds), Whistler, Turner (the damp light) and Manet (de-framing).
In 1999 a great part of his work perished in the fire of his house on Manchester Street, along with the works of his artist friends and, we’re told, a wonderful painting by Constable. He died in 2003.

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