JEANNE SILVERTHORNE - Little Big

Galerie de France, Paris, France21/09/2013 - 26/10/2013

L’artiste américaine Jeanne Silverthorne est née en 1950 à Philadelphie, USA. Elle vit, travaille et enseigne à New York où, depuis une vingtaine d’années, son oeuvre est montrée à la galerie McKee.
Sa dernière exposition à Paris date de 1999.
Depuis la fin des années 80, elle utilise le caoutchouc (le caoutchouc, dit-elle, est une addiction). Ce matériau incassable, à la fois résistant et malléable, coloré de pigments parfois phosphorescents, à l’aspect doux et troublant de la chair humaine, est sa marque de fabrique; à l’instar de la graisse pour Beuys, du feutre pour Bob Morris, de la cire pour Medardo Rosso.
Ses sculptures et ses installations sont des Vanités qui germent dans le paysage familier de son atelier. Elle explore, avec un humour salvateur, dans l’encombrement physique et affectif de son lieu de travail, les trésors qu’elle veut à tout prix sauver et protéger de la ruine: une ampoule, un fil électrique, une chaise, une poussière, une lumière, un souvenir. L’artiste « voyage autour de sa chambre », ce lieu créatif mais aussi hanté de voix disparues ; celle de son père, ouvrier épuisé par son travail à l’usine, celle de sa mère, sujette aux dépressions. Elle se représente « upside down », coincée parmi les caisses entassées qui protègent et enferment ses œuvres, ou frappant du poing la paroi d’un capot de verre. Ces caisses deviennent des sculptures, des socles, des sarcophages de caoutchouc et de silicone. On se retrouve dans un champ archéologique miniature, une sorte de Pompeï mélancolique, habité de petits hommes et femmes lilliputiens de la taille d’une poupée et moulés avec une minutie d’horloger. Si petits qu’ils sont difficiles à observer, mais si ressemblants…
Pour Jeanne Silverthorne, l’impermanence des choses ne sera jamais gravée dans le marbre. Pour tenter de la saisir, elle choisit avec insolence la fluidité des matériaux vivants.


The American artist Jeanne Silverthorn was born in 1950 in Philadelphia. She lives, works and teaches in New York City where her work has been exhibited at the McKee Gallery for nearly twenty years.
Her last exhibition in Paris dates back to 1999.
Since the late 1980s, she has been using rubber (“rubber, she says, is my addiction”). This unbreakable material, both resistant and malleable, coloured with pigments sometimes phosphorescent, seems as soft and disconcerting as human flesh. It is her trademark, like Beuys’s fat, Bob Morris’s felt and Medardo Rosso’s wax.
Her sculptures and her installations are vanitas which “germinate” in the familiar landscape of her studio. In such a space, saturated with physical and emotional strain, she explores, with a redeeming sense of humour, the treasures she wants to rescue at all costs and protect against decay : a bulb, a flex, a chair, a speck of dust, a light, a memory. The artist “travels around her room”, a creative space though haunted by vanished voices : her father’s, a worker worn out by years of toil in a factory, and her mother’s, subject to depression. She represents herself either upside down, wedged between the piles of crates that protect and contain her works, or punching a glass bonnet. These crates become sculptures, plinths, rubber or silicone sarcophagi. We found ourselves in a tiny archaeological field, a melancholy Pompeii of sorts, filled with Lilliputians hardly bigger than a doll, and moulded with the meticulous precision of a watchmaker. So small that they are difficult to observe, but such a good likeness!
For Jeanne Silverthorne, the evanescence of things can’t be carved in stone. In an attempt to seize it, she defiantly chooses the fluidity of living materials.

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