STANISLAW IGNACY WITKIEWICZ (1885-1939), Visages photographiés de près

Galerie de France, Paris, France 06/11/2014 - 13/12/2014

Dans le cadre du Mois de la Photo 2014, le Studiolo de la Galerie de France présente un ensemble de photographies de S.I.Witkiewicz, dit Witkacy (1885-1939), artiste polonais autodidacte au génie multiple et inclassable - romancier, dramaturge, peintre, dessinateur, photographe, philosophe. Son oeuvre se situe au-delà de toutes les avant-gardes artistiques de son époque dont il fut le précurseur incompris. Witkacy est, selon Tadeusz Kantor, « un hérétique absolu ».
- La première salle de l’exposition montre quinze tirages originaux, « Close-up » des années 1910-1914. Il photographie les membres de sa famille, ses amis, lui-même, en gros plan, le regard de face: le front, les yeux, le nez, la bouche remplissent tout l’espace de la plaque. Ce cadrage serré est obtenu après un interminable temps de pose. À l’aide d’un tuyau de plomberie fixé sur l’objectif de son vieil appareil, qu’il colle littéralement sur le visage du modèle, il tente de saisir, sans médiation aucune, les profondeurs de l’inconscient. Le regard se trouble, absorbe la source de lumière, se perd, devient un abîme de mystères. Witkacy était fasciné, obsédé, par l’identité changeante du visage humain. Sur ses autoportraits, il apparaît hypnotisé par son propre pouvoir médiumnique. Il saura aussi capter les trouvailles dans l’air du temps, comme celle de l’autoportrait multiple, un procédé employé comme divertissement dès 1905, et repris par de nombreux artistes tels Boccioni ou Duchamp. - Dans la seconde partie de l’exposition, l’atmosphère métaphysique et grave fait place aux grimaces des déroutantes séries photographiques du début des années 30. Ces «photoperformances», cadrées comme des séquences cinématographiques, montrent Witkacy acteur à répétition d’un théâtre de mimiques où il improvise jusqu’à la caricature et le grotesque la transformation en un autre moi. Visages photographiés de près, première exposition monographique de l’artiste à Paris, réunit un ensemble muséal de tirages originaux d’époque appartenant à des collections particulières européennes. C’est une rare opportunité de voir un aussi grand nombre de ces photographies, sachant qu’une grande partie de son œuvre a été détruite pendant la guerre.


Within the frames of the Photo Month (le Mois de la Photo 2014), the Studiolo of the Galerie de France presents a set of photographs of S.I.Witkiewicz, known as Witkacy (1885-1939), Polish self-taught artist of multiple and unclassifiable genius - novelist, playwright, graphic artist, photographer, philosopher. His work is situated beyond all artistic avant-gardes of his era of which he was the misunderstood precursor. Witkacy is, according to Tadeusz Kantor, “an absolute heretic”. - The first room of the exposition shows fifteen original prints, “Close-up” from the years 1910-1914. He photographs the members of his family, his friends and himself in a close-up, front view: forehead, eyes, nose and mouth fill up the entire space of the plate. This tight framing is obtained after a never-ending exposure time. With the use of a plumbing pipe attached to the lens of his old camera, which pipe he literally sticks to the model’s face, he tries to capture, without any mediation, the depths of the unconscious. The gaze gets troubled, absorbs the source of light, gets lost, becomes an abyss of mysteries. Witkacy was fascinated, obsessed by the changing identity of a human face. On his self-portraits, he appears mesmerized by his own medium like power. He would also manage to capture findings in the zeitgeist, like the one of multiple self-portrait, a proceeding employed as entertainment since 1905 and used again by numerous artists like Boccioni or Duchamp. - In the second part of the exhibition, the metaphysical and serious gives place to the grimaces of confusing photographic series from the ‘30s. These “photoperformances”, framed like cinematographic sequences, show Witkacy as an actor of repetition from a mime theater where he improvises the transformation into another self until the caricature and grotesque. Faces photographed Up Close, the first monographic exposition of the artist in Paris, unites a museal set of original vintage prints belonging to private European collections. This is a rare opportunity to see such a large number of these photographs, knowing that a big part of his work has been destroyed during the war.

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