16/03/2017 - JEAN-CLAUDE SILBERMANN - "Sam Berlinn 2017"

Ouverture de l'exposition le jeudi 16 mars
de 18h à 20h

Exposition jusqu'au 22 avril 2017

en savoir plus

08/12/2016 - Participation au salon d'art contemporain GALERISTES

Dans le cadre du salon GALERISTES, la Galerie de France est heureuse de présenter, pendant 4 jours, le remarquable diptyque de Gilles Aillaud Plage et mouettes, 1991, huile sur toile, 240 x 480 cm, entouré d'une plaque de plastique emboutie peinte à la main en 1971 par Marcel Broodthaers, et d'un envol d'oiseaux à l'encre de Chine noir sur papier de l'immense artiste Judit Reigl.

Un albâtre du royaume de la Reine de Saba, des bois d'Etienne-Martin et de Paul Armand Gette, une queue d'écureuil sur une pinte de bière de Meret Oppenheim, une pierre de lave articulée de Rebecca Horn, un pot de yaourt bleu de Martial Raysse, un autoportrait en caoutchouc de Jeanne Silverthorne, retracent à eux seuls une histoire universelle de la sculpture.

Autour de dessins de Victor Hugo, Nancy Spero, Louise Bourgeois, Eugène Leroy, Brion Gysin, Pier Paolo Calzolari et d’une gravure de Chris Marker, sont montrés des travaux de Christiana Soulou, Emilie Girault et Christiane Pooley, jeunes artistes émergentes, sous le regard aimanté de Tadeusz Langier photographié en 1912 par S.I. Witkiewicz.

en savoir plus

20/10/2016 - GILLES AILLAUD

VOLS D'OISEAUX 1990 - 2001
Le Studiolo Galerie de France

TABLEAUX 1966 - 1976
Galerie Loevenbruck

Vernissages le jeudi 20 octobre 2016
de 18h à 22h


Gilles Aillaud (1928-2005) est peintre, mais aussi poète (Dans le bleu foncé du matin, édité chez Christian Bourgois), critique (revue Rebelote), préfacier (Hélion, Titina Maselli), scénographe de théâtre (52 spectacles avec les metteurs en scène Jean Jourdheuil, Klaus Michael Grüber, Luc Bondy). Il a méthodiquement consigné dans des cahiers d’écolier la liste de tous les tableaux qu’il a peints. Il y en a moins de 350. Pourtant, il dit avoir peint un tableau par jour dans les années 1950, dans des périodes d’isolement total, entre sa première exposition, en 1950 à Rome, et celle de 1963, à la galerie Claude Levin. Il s’est alors détaché de la philosophie étudiée avec Merleau-Ponty pour se consacrer à la peinture, qu’il pratiquera toujours en solitaire, dans l’atelier.

Voir sans être vu, le beau titre du texte de Gilles Aillaud sur Vermeer, pourrait définir toute sa peinture. Gilles Aillaud regarde les tableaux du maître de Delft comme il peint les siens propres. Il peint à l’huile des portraits d’animaux, visibles ou cachés dans les zoos, des paysages, des plages, des montagnes, des ciels avec vols d’oiseaux. Il ne s’approprie jamais les sujets – « je peins les choses comme elles le veulent » –, il les rend, les redonne sans nostalgie, dans toute leur étrangeté picturale. La fortune critique a aimé le réduire à un peintre de la question animale, attaché au mouvement de la Figuration narrative, militant de mouvement de la Jeune Peinture en 1968, exégète érudit, assassin métaphorique de Duchamp en 1965… Beaucoup de jeunes peintres et d’amateurs ne s’y sont, eux, pas trompés.

Les deux expositions présentées à Paris montrent, en deux décennies distinctes, combien l’oeuvre de Gilles Aillaud est engagé dans une voie unique, subtile et complexe, très loin de la société du spectacle.

– À la galerie Loevenbruck, six tableaux majeurs de 1966 à 1976, souvent de très grand format, constituent une véritable salle de musée. Certains n’ont pas été vus en public depuis 25 ans. Les décors dans Deux eaux, de l’Intérieur et hippopotame dégagent une lumière froide, blanche, qui contraste avec la lumière électrique de Mangouste, nuit rouge, à travers une vitre, ou avec la lumière dorée, chaude d’Intérieur jaune et vasistas. Les animaux peints à hauteur d’homme ne regardent rien de précis, leurs regards passent à travers nous, ne fixent rien. Gilles Aillaud a un oeil pictural absolu, décisif, comme l’« instant décisif » décrit par Cartier-Bresson. Dès son plus jeune âge, avec sa soeur, il fréquentait le Jardin des Plantes comme d’autres vont aux musées. Ses multiples voyages en Grèce, en Égypte, au Kenya ont développé une intimité, une relation privée avec les animaux qui le protège de tout effet de séduction, de rendu naturaliste. Il peint ses animaux enfermés avec délicatesse, avec « tact », mot qu’il emploie pour la peinture de Vermeer.

– Au Studiolo de la Galerie de France, la galerie historique de l’artiste depuis le début des années 1980, les vols d’oiseaux des années 1990-2001 (peintures, longs papiers déroulés, collages) ont quitté les cadrages serrés, précis, des portraits d’animaux dans le minéral pour les espaces illimités hors d’atteinte des zones bleu outremer, entre plages et ciels. Des oiseaux volent très haut au-dessus de l’horizon, d’autres au contraire frôlent l’eau. En levant la tête, l’oeil suit ces traces nomades, distingue des signes qui font des ombres, une aile charnue de mouette…
Une sélection de ces oeuvres a été montrée dans l’exposition « Deadline », au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, en 2009, qui soulignait, chez certains artistes, une liberté enfin conquise dans l’oeuvre ultime.
_____________________________________________________

Gilles Aillaud (1928-2005) is a painter, and also poet (Dans le bleu foncé du matin, edited by Christian Bourgois), art critic (revue Rebelote), author of prefaces (Hélion, Titina Maselli), and set designer (fifty-two productions with the stage directors Jean Jourdheuil, Klaus Michael Grüber, and Luc Bondy). He has methodically recorded the name of every painting in a class notebook. However, he is said to have painted one painting a day in the 1950s, in a period of complete solitary isolation, between his first exhibition in 1950 in Rome and his exhibition in 1963 at the Galerie Claude Levin. He distanced himself from philosophy, which he studied with Merleau-Ponty, to focus on painting, which he always practiced alone in his studio.

The beautiful title of Gilles Aillaud’s text on Vermeer, Voir sans être vu (Seeing without being seen), could also define all his paintings. Gilles Aillaud looks at the paintings by the master of Delft as he paints his own canvases. He uses oil paints to portraits animals that are clearly visible or hidden away in zoos, landscapes, beaches, mountains, and skies full of flying birds. He never appropriates his subjects: “I paint things as they wish to be painted.” He portrays them, rendering them free of nostalgia, in their picturesque nature. History has seen fit to define him as a painter of animals, as linked to the movement of Narrative Figuration, and as a militant member of the “Jeune Peinture” movement in 1968, a learned expert, and the metaphorical assassin of Duchamp in 1965. Many young painters and amateurs weren’t taken in.

The two exhibitions presented in Paris showcase how over two distinct decades much of Gilles Aillaud’s artworks form a unique, subtle, and complex path that stretches far past the society of the spectacle.

– At Loevenbruck Gallery, six major paintings from 1966 to 1976, often in large formats, form a veritable museum room. Certain ones haven’t been seen in twenty-five years. The decors made in cement, in Deux eaux and in Intérieur et hippopotame, give off a cool, white light that contrasts with the electric light of Mangouste, nuit rouge emanating through a glass pane, and also contrasts with the warm golden light of Intérieur jaune et vasistas. The animals are painted at eye level and don’t look at anything in particular: their gaze passes through us, settling on nothing. Gilles Aillaud has an aesthetic eye that is absolute and decisive – a decisive instant as Cartier-Bresson described it. Since his early youth, he and his sister spent time at Jardin des Plantes as others visit museums. During multiple trips to Greece, Egypt, and Kenya, he developed an intimate and private relationship with animals that dispelled him of any form of seduction or naturalist tendencies. He paints enclosed animals with delicacy, with tact, his term for Vermeer’s paintings.

– In the Studiolo of the artist’s longtime gallery Galerie de France (since the 1980s), flights of birds on paintings, long papers unrolled, and collages from 1990-2001 have flown their tight, precise enclosures (virtual portraits of animals in minerals) for the unlimited and unreachable spaces of ultramarine zones, between beach and sky. Some birds fly very high above the horizon, while others, on the contrary, lightly brush the water. Spectator’s look up and trace these nomadic paths, distinguishing the forms that cast shadows, a plump wing of a seagull...
A selection of these artworks was shown in the exhibition Deadline at the Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris in 2009, which underscores for certain artists a freedom finally mastered in their ultimate work.

en savoir plus
MORE